Le Tessin et son merlot: le premier merlot suisse

Le Tessin et son merlot: le premier merlot suisse

Un vignoble riche de sa diversité

Les vignobles d’Europe viennent d’être dévastés par le phylloxéra. Nous sommes à la fin du 19siècle et on découvre aussi avec espoir que des cépages européens associés à des porte-greffes d’origine américaine permettent d’obtenir des vins de qualité. Le médecin, viticulteur et Conseiller d’Etat Giovanni Rossi (1861-1926) mène des essais dans son domaine pour déterminer quel cépage sera le plus à même de renouveler le vignoble tessinois. Eurêka, ce sera le merlot, cépage élu entre tous les cépages expérimentés. 1906 sera l’année du renouveau ; originaire du Bordelais, le merlot est celui qui présente les meilleurs taux de maturité. Il faudra encore attendre plus de cinquante ans toutefois pour que le merlot devienne ici le cépage le plus répandu. A partir de là, le merlot tessinois est promis à de nombreux succès, grâce aux techniques de vinification, en cave, et à des raisins d’excellente qualité, dans les vignes.

Le merlot est désormais vinifié en rouge pour donner toute sa mesure et son élégance mais le microclimat tessinois lui permet aussi de donner naissance à des vins effervescents, voire d’être vinifié en blanc – une exclusivité  locale – ou en rosé. Les meilleurs raisins donnent ici naissance à de grands vins de garde, puissants, gagnant encore en complexité après un passage en barrique, jusqu’à pouvoir être comparés aux plus grands merlots du monde.

Toute légende a sa part de vérité

Le merle, qui trouve dans les vergers et les vignes son habitat naturel, aurait donné son nom au cépage merlot. Deux explications possibles à cette étymologie. La première étant que l’oiseau, présent dans le vignoble à l’automne, s’y délecte des grappes de merlot, à la maturité plus précoce que les autres cépages bordelais tels le cabernet sauvignon et le cabernet franc. La deuxième hypothèse voudrait que le cépage doive son nom à la couleur de ses baies, d’un noir violacé évoquant le plumage de l’oiseau.

Un climat méditerranéen pour des vins élégants

Avec sa moyenne annuelle de plus de 2300 heures d’ensoleillement, le Tessin est réputé pour la douceur de son climat. Protégé par la chaîne des Alpes et soumis à l’influence d’un climat tempéré, le Tessin jouit d’hivers doux et d’étés typiquement méditerranéens. Grâce à ces conditions météorologiques, le merlot tessinois fait figure de classique, au-delà des modes. L’élégance, l’équilibre et la finesse des vins produits sont une source de plaisirs hédonistes qui s’allient idéalement à la cuisine méditerranéenne.

Sopraceneri et Sottoceneri

Lieu de convergence tellurique, le Tessin viticole est divisé en deux parties : le Sopraceneri d’une part, qui repose sur la plaque européenne, et le Sottoceneri, d’autre part, lié à la plaque africaine. Le premier est constitué de roche cristalline avec gneiss et granit, ce qui donne des terroirs acides, légers, sablonneux avec une bonne présence de matière organique. Le Sottoceneri au contraire a des sols plus alcalins en raison de roches calcaires, plus riches en argile et plus lourds, en particulier dans le Mendrisiotto où se concentrent 40% des vignobles.

La Maison du vin tessinois

Roi des vins, le merlot a son château dans la Maison du Vin du Tessin, au cœur du Parc des Gorges de la Breggia, dans la commune de Morbio Inferiore.

Cette maison souhaitée par les producteurs de vins tessinois regroupe 45 d’entre eux, qui représentent 90% de l’ensemble des vins tessinois. On peut y déguster plus de 250 références, associées aux spécialités méditerranéennes emblématiques de la table tessinoise. Le répertoire local puise en effet aux sources des régions italiennes voisines, notamment si l’on songe à la traditionnelle polenta d’origine lombarde, au risotto de la province de Vercelli, voire à d’autres spécialités mijotées emblématiques du Piémont voisin, tels le brasato (bœuf braisé) et le bollito misto (pot-au-feu de plusieurs viandes, qui s’accompagne de sauce verte et de moutarde aigre-douce de fruits).

www.casadelvinoticino.ch

Rencontres épicuriennes...

Sur les routes du Mendrisiotto, à la découverte de ses vins

Nous vous proposons de découvrir le plus grand vignoble du Tessin, celui du Mendrisiotto, à vélo.Point de départ de cette expérience, le siège de l’office de Mendrisiottoterroir, à Balerna. Sur place, notre guide vous remettra bicyclette et casque, avant de vous accompagner à vélo tout au long de cette balade. Prêts ? Alors en selle !

Salon d’automne et marché de fromages

Bellinzona accueille, à l’automne peu après la désalpe, son «beau salon », exposition et marché réunissant une soixantaine de stands de spécialités de saison, dont la plus grande part fromagères : une quarantaine de paysans de montagne présentent le fruit de leur dur labeur des mois d’été passés sur différents alpages du Tessin et de la Mesolcina.

Balade de cave en cave

L’excursion « In gir per cantin » propose une balade de cave en cave, prétexte à se familiariser avec l’univers vinicole du Locarnese à vélo.

Safari vineux

Le Tessin est la porte d’entrée septentrionale sur la culture oenogastronomique de la Méditerranée. Le Merlot a trouvé ici sa seconde patrie, donnant naissance à des vins ensoleillés et élégants. Le vignoble alterne ici avec les forêts de châtaigniers. Une balade d’une journée vous fera découvrir les particularités du paysage et de la gastronomie du canton.

Pour bien préparer mon séjour

www.ticino.ch

Copyright photos: Ticino Turismo – Luca Crivelli / Nicola Demaldi / Milo Zanecchia,
Garbani SA, Davide Stallone, ST, Olivier Walther, Tina Sturzenegger, Giglio Pasqua

Le Valposchiavo et son agriculture 100% nature: des oliviers au pied des glaciers

Le Valposchiavo et son agriculture 100% nature: des oliviers au pied des glaciers

Cette vallée italophone des Grisons est en passe d’être entièrement certifiée bio et valorise ses produits locaux grâce au nouveau label 100% Valposchiavo. Terroir singulier entre glaciers et douceur méditerranéenne, le Valposchiavo jouit d’une diversité climatique exceptionnelle, avec des variations d’altitude de plus de 3000 mètres.

Une ligne de chemin de fer classée au Patrimoine mondial de l’Unesco

Le décor, d’abord. On accède à cette vallée longtemps coupée du monde en franchissant le col de la Bernina avec le légendaire chemin de fer rhétique. Un parcours féerique considéré comme une des merveilles du monde alpin, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2008. Deux heures pour relier Tirano, côté italien, à Saint-Moritz ou Coire, deux heures d’un dénivelé échevelé, sur une des lignes sans crémaillères les plus raides du monde, avec des vues à couper le souffle.

On glisse ainsi peu à peu d’un paysage de glaciers et de cascades, avec le Piz Palü culminant à 3900 mètres à une altitude de 400 mètres, aux confins de l’Italie, permettant de cultiver oliviers, figuiers, vergers et un vignoble en mouchoir de poche.

On emprunte au passage le fameux viaduc hélicoïdal de Brusio, on longe le lac cristallin de Poschiavo, une splendeur irréelle à 1000 m d’altitude, et le village éponyme, chef-lieu de sa vallée.

Cette diversité climatique et géographique vaut au Valposchiavo un terroir et des produits inouïs, mariant sud et nord, l’élevage, les fromages et laitages typiques des vallées alpines et les spécialités de pâtes ou de polenta évoquant l’Italie, une rare diversité de légumes, fruits, baies, céréales.

Pourquoi 100% nature?

La région a choisi de valoriser ce patrimoine unique en misant sur le développement durable. La réflexion engagée en 2012 s’est traduite par la conversion de la quasi-totalité de la vallée à l’agriculture biologique – on en est aujourd’hui aux environs de 95%.

La région dépend très largement de l’agriculture (15% de sa population en vit, alors que le tourisme occupe 8% des habitants.) Récemment, elle s’est dotée du label 100% Valposchiavo afin de valoriser et d’encourager les filières de production et de transformation locales. A ce jour, plus de 150 produits ont obtenu ce label, de même que 60 exploitations agricoles et 13 restaurants. Une charte rigoureuse s’attache à définir l’ensemble de la chaîne d’un produit, des pâtes alimentaires aux laitages et des fruits aux salaisons, pour l’obtention de ce petit logo vert. A défaut, si la totalité des ingrédients ne proviennent pas de la vallée mais que son élaboration se fait sur place, un autre label bleu («Fait sü in», autrement dit, fabriqué dans la vallée) peut s’appliquer. Il en résulte une mosaïque d’offres, dont chacune contribue à ajouter de la valeur à l’ensemble du projet. Chacun de ces acteurs a pour objectif de maintenir et promouvoir les circuits courts dont chaque étape – production, transformation, élaboration, vente – est locale.

Les études récentes confirment une augmentation de la demande de produits locaux ; le projet 100% bio Valposchiavo entend y répondre tout en valorisant son offre de denrées alimentaires. Pour ce faire, la région a pu compter d’emblée sur plusieurs atouts: un secteur agricole dynamique et visionnaire, avec un pourcentage élevé de labellisation Bio Suisse, un riche patrimoine culinaire et une étroite collaboration avec le secteur de l’hôtellerie-restauration.

Une diversité rare

Le projet 100% Valposchiavo a été distingué à plusieurs reprises : Prix CIPRA 2016 pour un tourisme durable, Milestone htr du Tourisme suisse, SVSM Award pour les projets locaux en 2017. L’accueil des consommateurs et des médias est enthousiaste et les nuitées sont en augmentation depuis 2015. Les produits concernés présentent une grande diversité : fruits et baies, œufs, des plantes aromatiques et médicinales ; les laitages issus de plusieurs fromageries, des céréales, une boulangerie artisanale, des salaisons et charcuteries, des pâtes artisanales et même une oliveraie pour produire de l’huile…

L’ensemble des secteurs de l’agriculture, de la transformation des denrées et de la restauration collaborent étroitement pour produire une filière durable entièrement locale à forte valeur ajoutée, contribuant au développement économique de la vallée et profitant à l’ensemble des acteurs, au-delà du seul secteur touristique. Ce mode de fonctionnement en boucle permet en effet de créer des emplois, maintient un savoir-faire et des traditions menacés, réduit l’impact environnemental des transports et favorise la biodiversité. Les sources d’énergie propre (hydroélectrique, solaire, biogaz) sont privilégiées: et sont de même certifiées 100% Valposchiavo.

Une histoire pétrie de créativité

Cette vallée périphérique a longtemps vécu en vase clos, repliée sur elle-même du fait de sa situation géographique : ouverte sur l’Italie et la Valtelline au sud, elle n’était accessible qu’en train durant l’hiver. Ce n’est que dans les années soixante que la route des cols a été rendue praticable toute l’année. « Cet isolement a contraint les habitants à faire preuve de créativité : le mot d’ordre a toujours été, si tu veux un journal, crée-le toi-même, si tu veux un théâtre ou un orchestre, fais-le toi-même », souligne Kaspar Howald, directeur de l’Office du Tourisme de la Vallée.

La vallée accueille désormais 4500 habitants – se rapprochant à nouveau de son âge d’or – pour quelque 900 lits dévolus aux visiteurs, l’idée n’étant pas de promouvoir un tourisme de masse. Avec un record de 13000 nuitées en juillet 2020 (pour 11000 l’année précédente), cette activité demeure absolument durable et ne pèse pas sur les choix environnementaux de la région.

Découvrir la vallée côté gourmand…

Parmi les activités autour de l’alimentation et des spécialités locales, le Festival des herbes sauvages a lieu chaque année en mai. La flore de la vallée est particulièrement riche : des ateliers et des balades permettent d’apprendre à connaître et identifier les plantes, les cuisiner ou en faire des cosmétiques. Mariagrazia Marchesi, passionnée de cuisine sauvage propose un menu de dégustation à base de plantes.

En octobre, la vallée accueille la fête de la châtaigne et en juillet une balade oenogastronomique pour découvrir les spécialités de la région. Début décembre a lieu le « Paneneve », une promenade où les participants ont l’occasion de déguster les spécialités hivernales (www.valposchiavo.ch/it/proposte/vier-genuss-festivals). Chaque mercredi enfin, de juillet à septembre, la place du marché réunit une grande partie des 150 produits labellisés 100% Valposchiavo : salaisons et charcuteries, fromages, fruits, sirops, jus et autres confitures, pains et confiseries traditionnels, pâtes artisanales, polenta et farines locales.

Palais à l’architecture italienne

C’est une facette originale de la vallée : étonnante ville miniature de 1700 habitants, le centre historique de Poschiavo est semée d’édifices culturels qui valent largement la visite : des monastères, dont l’un a été transformé en maison d’hôtes de charme, ses églises romane et gothique, l’oratoire baroque Sant’Anna avec son memento mori… A voir absolument le quartier de palais néoclassiques d’inspiration palladienne aux jardins inouïs : ces résidences ont été bâties par ses émigrés ayant fait fortune à l’étranger dans la pâtisserie.

Artisanat local

Poschiavo abrite l’une des dernières entreprises textiles artisanales de Suisse. La fabrique produit des tissus, accessoires et vêtements de grande qualité avec diverses matières premières : coton, lin, chanvre, laine, cachemire et soie. Et si vous aimez les bijoux, ne manquez pas l’atelier «Stone-Art», au cœur du centre historique de Poschiavo.

DES JEUNES ENTREPRENEURS

QUI SONT L’AVENIR DE LA VALLÉE
TIZIANO ET IVAN

TIZIANO ET IVAN

Le projet 100% Valposchiavo a suscité un incroyable élan, avec l’espoir d’offrir un avenir aux jeunes générations. Deux amis passionnés par la culture de l’olivier, Tiziano Iseppi et Ivan Rinaldi, se sont lancés en 2017 dans un projet un peu fou. Formés auprès de producteurs italiens d’huile d’olive, ils ont repris des terres à l’abandon et replanté quelque 70 oliviers de variétés toscanes; à terme, il devrait y en avoir 200 au moins sur 2000 mètres carrés, pour une petite production d’huile biologique.

tiziano.iseppi@brusio.ch

Ivan et Stefania

Ivan Lanfranchi exploite avec son épouse Stefania un domaine à Viano. En plus des cultures traditionnelles, le couple élève des vaches brunes rustiques typiques de ces régions de montagne. La traite est transformée en une gamme de fromages au lait cru d’alpage et en beurre de fromagerie.

Annina

En été, la jeune maraîchère Annina Raselli fait la navette entre l’Alp Somdoss et sa ferme de Poschiavo. Sur l’alpage, elle s’occupe d’une soixantaine de vaches. Dans la vallée, elle se consacre aux légumes. Elle aime la diversité: «Je cultive 14 types de tomates». Deux douzaines d’autres légumes complètent sa production, entièrement bio évidemment. A 1000m d’altitude, la saison est courte. Grâce à une serre, son objectif est désormais de produire des légumes toute l’année.

Et tous les autres…

Il y a aussi le toujours jeune Elmo Zanetti qui, après ses études d’agronomie, s’est lancé dans la culture d’herbes aromatiques et l’élevage de chevaux berbères (www.al-canton.ch). Ailleurs encore, un jeune boulanger a repris et développé l’entreprise familiale autour de spécialités régionales (pains aux abricots, figues, pommes ou poires, couronnes de seigle à l’anis, tourte aux noix grisonnes, etc.). Poschiavo accueille aussi deux brasseries artisanales et de petits producteurs de gin et de grappa. Grâce à eux, l’avenir de la vallée est assuré!

Pour bien préparer ma visite

www.valposchiavo.ch
Copyright photos: Adrian Greiter – Roberto Moiola – Mario Crameri – Filip Zuan – Maurice K Günig – Tina Gerber – Roberto Ganassa – Simone Ronzio

L’Ajoie et sa Damassine AOP: un souvenir d’Orient

L’Ajoie et sa Damassine AOP: un souvenir d’Orient

Une riche terre nourricière

Située au nord-ouest du Canton du Jura, l’Ajoie est une terre de traditions et de terroir. Elle s’étend de la frontière française jusqu’au Clos du Doubs.

Aussi appelée « Verger du Jura », cette vaste plaine fertile offre des paysages variés ainsi qu’une riche tradition culinaire. Berceau de la Damassine AOP, la région ajoulote est aussi réputée pour sa saucisse d’Ajoie IGP. Cette dernière est d’ailleurs mise à l’honneur lors de la fête de la St-Martin, au mois de novembre. Cette tradition ancestrale célèbre la fin des travaux agricoles. Le repas servi à cette occasion se compose traditionnellement de 8 plats à déguster auprès des différents restaurants de la région mais aussi à travers des marches gourmandes proposées dans plusieurs localités des environs.  C’est ainsi que chaque deuxième et troisième week-end de novembre, on fête la St-Martin en ville de Porrentruy mais également dans toute l’Ajoie. Durant les festivités, un marché de la St-Martin se tient dans le centre historique de Porrentruy avec plus de 50 artisans proposant des produits du terroir jurassien.

La région d’Ajoie est aussi connue pour sa richesse paléontologique. Aujourd’hui, de nombreux sites mettent en valeur cet héritage unique. La Fondation JURASSICA propose en effet des activités et lieux de visites pour tous les âges : que ce soit la découverte des empreintes mises à jour sur le site de la Dinotec ou le long du sentier didactique, le site du Banné où les enfants peuvent fouiller le sol pour trouver des fossiles ou encore le Muséum d’histoire naturelle et son jardin botanique. Dans les environs, le Préhisto-Parc de Réclère met également en scène ces reptiles d’un autre âge, avec des reproductions grandeur nature, qui en font un but d’excursion familiale idéal.

Ancienne résidence des princes-évêques de Bâle, le chef-lieu d’Ajoie, Porrentruy, vaut également le détour. Avec ses rues pavées et ses remarquables bâtiments de style baroque, la ville peut aisément se découvrir à pied grâce à une visite guidée ou en parcourant le Circuit secret ®. A l’aide d’une clé numérique, cet itinéraire vous ouvre les portes de lieux originaux habituellement fermés au grand public et mis en scène par des animations son et lumière.

 Non loin de là, St-Ursanne – la Perle du Jura – se dévoile. La cité médiévale située au bord du Doubs recèle de nombreux trésors dont sa collégiale et son cloître datant des XIIe et XIIIe siècles. Plusieurs galeries d’art et antiquaires bordent les rues de la ville et un jardin médiéval permet de découvrir les plantes médicinales et potagères utilisées autrefois.

Une petite prune qui vient de loin

L’eau-de-vie de Damassine AOP est une spécialité du Canton du Jura. Elle est produite avec le damasson rouge, une petite prune sauvage aux mille senteurs ramenée de Damas et domestiquée par les croisés de retour en Ajoie. Au mois d’août, les fruits mûrs tombent du damassinier et sont ramassés chaque jour dans des filets, durant quatre à cinq semaines. Il faut plus de 100 damassines pour obtenir un kilo de fruits, et près de 900 pour pouvoir distiller, à la Saint-Martin, un litre d’eau-de-vie de Damassine AOP.

L’origine de la Damassine AOP se perd à travers les âges, mais la légende prétend que ce sont des chevaliers qui ont ramené ce butin dans leurs sacoches, de retour des croisades. Ou encore ce curé de Charmoille, parti en voyage en Palestine en 1145. Ce qui est sûr, c’est que le nom de damassine a été donné à cette eau-de-vie en référence à la capitale syrienne, Damas. Les terres calcaires et le climat de la région d’Ajoie permettent à ce fruit d’exprimer, ici mieux qu’ailleurs, la quintessence de ses arômes.

Dans le Canton du Jura, plusieurs sites invitent à la découverte du produit : A travers la visite d’une distillerie avec ses alambics d’antan, une dégustation d’eau-de-vie ou encore à travers le Musée suisse des fruits et de la distillation ; Ô Vergers d’Ajoie. A découvrir aussi: le sentier didactique “Sur le Chemins de Damas” situé sur les hauteurs du village de Mormont.

sites et activités en lien avec le thème

autres sites utiles

Copyright photos: Guillaume Perret – Reto Duriet

Une matinée au bord du Léman

Une matinée au bord du Léman

Le soleil commence à réchauffer l’atmosphère et c’est le moment où les premiers étals envahissent les places et les ruelles de Vevey. Son marché est célèbre loin à la ronde; chaque mardi et samedi matin, à la belle saison, les stands colorés rivalisent d’efforts pour mettre en scène leurs fruits, légumes, fromages, viandes et poissons. Difficile de trouver ambiance plus vaudoise, joyeuse et conviviale, qui, invariablement, se prolonge par l’apéro sur les terrasses ombragées. En se baladant sur les quais, rencontre incongrue avec une fourchette géante plantée dans les eaux du lac… Elle vous guide vers l’alimentarium, un musée vivant avec du «cœur au ventre», qui raconte l’histoire de l’alimentation.

Et tous les samedis de mi-juillet à fin août, impossible de manquer les marchés folkloriques, véritable institution locale.