Le patrimoine culinaire, ingrédient-clé du tourisme

Le patrimoine culinaire, ingrédient-clé du tourisme

Article rédigé par Caroline Goldschmid, publié le 17 novembre 2021 dans GastroJournal. Aller vers l’article original.
Le réseau des Grands Sites du Goût a tenu ses premières assises le 12 novembre, à Corseaux (VD). Objectif: promouvoir la Suisse en tant que destination mondiale du tourisme du goût.

«Nous sommes plus convaincus que jamais qu’une partie non négligeable de l’avenir du tourisme suisse se joue autour de la gastronomie, du patrimoine culinaire vivant, au cœur des Alpes.» C’est avec ces mots que Josef Zisyadis a ouvert les festivités le 12 novembre dernier, à l’occasion de la première rencontre des Grands Sites du Goût. Initiée par la Fondation pour la Promotion du Goût, dont il est le directeur, cette journée s’est déroulée à Corseaux (VD), en présence d’une cinquantaine de participants. Regroupant d’ores et déjà dix Grands Sites du Goût en Suisse romande, au Tessin et aux Grisons, le réseau devrait en compter le double d’ici à fin 2022, notamment en Suisse alémanique. «Depuis le lancement du projet, nous nous sommes rendus compte qu’on ne construit pas un réseau de vingt Grands Sites du Goût – avec vingt produits authentiques coiffés par vingt parrains et marraines – par décret. C’est un réseau vivant qui est essentiellement fait d’amitiés et de territoires qui se dégustent», a déclaré Josef Zisyadis.

Jean-Marc Imhof, coordinateur des Grands Sites du Goût et chef de projet «Slow Food Travel», s’est lui aussi dit convaincu de la pertinence de ce nouveau réseau, qui consiste notamment à partager des bonnes pratiques et à créer de la coordination intersectorielle. «Un Grand Site du Goût, c’est quoi? C’est une région qui valorise un savoir-faire traditionnel, vivant et durable», a expliqué Jean-Marc Imhof. L’idée est que les différents acteurs d’un site coordonnent leurs actions autour de la promotion de leur terroir, avec un produit phare, le plus emblématique de la région. «Pour un site, l’objectif est de s’engager à proposer un tourisme dédié à l’œno-gastronomie», a poursuivi le coordinateur dont le projet est financé par la Confédération, Vaud Promotion et GastroVaud. A terme, le site web de ce réseau est appelé à intégrer celui de Suisse Tourisme.

Appel aux politiques
Parmi les dix sites qui font déjà partie du réseau, citons Lavaux et son Chasselas (VD), le Grand Entremont et sa raclette AOP (VS), le Tessin et son Merlot, l’Ajoie et sa Damassine AOP (JU), ou encore le Chablais et son sel des Alpes. Le 12 novembre, ce dernier était représenté par Marcel Plattner, responsable du développement commercial des Salines Suisses, dont font partie les Mines de Sel de Bex. Le site attire plus de 80’000 visiteurs par an et l’expert a annoncé qu’une nouvelle conception de l’espace extérieur est en préparation, qui comprendra un restaurant. En effet, tous les acteurs du tourisme présents à cette journée s’accordent à dire que la gastronomie – y compris les restaurateurs! – joue un rôle clé dans la promotion de la Suisse en tant que destination mondiale du tourisme du goût.

Pourtant, le mot «gastronomie» ne figure pas dans la stratégie touristique de la Confédération, adoptée le 10 novembre par le Conseil fédéral. «Sur 60 pages, pas une seule fois n’apparaît le mot ‹gastronomie› ni ‹tradition culinaire› ni ‹patrimoine culinaire›», se désole Josef Zisyadis. Il appelle donc les responsables politiques à prendre en compte le nombre record de tables étoilées au km2 détenu par la Suisse.

sites-du-gout.ch

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Les régions suisses qui ont du goût veulent en tirer parti

Les régions suisses qui ont du goût veulent en tirer parti

Article rédigé par Cécile Collet, publié le 21 novembre 2021 dans 24 Heures. Aller vers l’article original.
Les Grands Sites du Goût sont déjà 10 et ambitionnent d’être 20 à la fin de 2022. Le but: créer un réseau de destinations «terroir».

Josef Zisyadis s’est étranglé lorsqu’il a parcouru la nouvelle «Stratégie touristique de la Confédération», parue le 11 novembre, soit un jour avant la première rencontre des Grands Sites du Goût. «Sur 60 pages, il n’y a pas une fois le mot gastronomie! Pour le pays qui compte le plus grand nombre de tables étoilées au kilomètre, quelle tristesse…»

Le Val-de-Travers et l’absinthe, le Tessin et le merlot, l’Ajoie et sa damassine, ou quand l’alcool régional fait la notoriété du lieu.
Florian Cella/VQH

Vingt-quatre sites repérés en Suisse

Un site dédié, géré par Vaud Promotion, permet d’appréhender ces régions gastronomiques en un coup d’œil. «Mais même si nous sommes pionniers, nous avons l’exigence que cela sorte du canton», insiste Andreas Banholzer, directeur de Vaud Promotion. Pour lui, il y a tout à faire. «Souvent, des régions périphériques qui ont des produits n’ont pas de développement touristique du tout.»

La tête-de-moine de Bellelay (BE) et le fromage à raclette d’Entremont (VS) figurent aussi sur la liste.
Moritz Hager

Et l’idée n’est pas forcément de lier un produit x à une région y. «Par exemple, la destination Genève est difficile à définir, explique Josef Zisyadis. Le cardon n’est pas un produit phare international… En revanche, on pourrait tabler sur la proximité particulière entre la ville et la campagne agricole.»

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Gastronomie: où va la Suisse?

Gastronomie: où va la Suisse?

Article rédigé par Siméon Calame, publié le 16 novembre 2021 sur Gault&Millau Channel. Aller vers l’article original.
Fromage et chocolat: c’est tout? De l’extérieur, notre pays reste peu connu pour sa cuisine. Mais ce n’est pas irréversible…

LA SUISSE, TERRE DE CONTRASTES. «Venez goûter la gastronomie – Made in Switzerland». Le slogan des nouveaux Grands Sites du Goût est clair: notre pays recèle de pépites gastronomiques et ce, dans tout le pays. «Évidemment! Outre le record mondial du nombre de restaurants étoilés par habitant (un pour 72’000 habitants, contre un pour 106’000 en France par exemple), la Suisse peut compter sur une vie culinaire riche et très diversifiée.» Josef Zisyadis, président de la Fondation pour la Promotion du Goût, est confiant en la qualité de ce que les restaurateurs, bistrotiers ou cafetiers d’ici proposent. Pourtant, à l’étranger, on connaît l’Helvétie culinaire presque uniquement pour son fromage et son chocolat. Et encore, ce dernier est souvent supplanté par le belge.

DE FRANCE, «berceau de la gastronomie» aux yeux du monde occidental, la situation est presque alarmante. Ancien responsable des relations presse du concours culinaire mondial Bocuse d’Or durant vingt ans, Jean-Patrick Blin pose un regard vif sur l’image de la gastronomie helvétique: «La Suisse comprend quelques pointures reconnues sur la scène culinaire mondiale, comme l’Hôtel de Ville de Crissier de Franck Giovannini (19/20 au GaultMillau et 3 étoiles Michelin). Mais de l’étranger, ce sont les rares éléments que l’on peut rattacher directement à la gastronomie suisse.»

CE N’EST PAS FAUX: la France a un rapport particulier avec la cuisine et les chefs y deviennent de vraies stars; l’Italie est mondialement connue pour ses produits d’exception et sa gastronomie authentique; les spécialités et ingrédients japonais se retrouvent sur les plus grandes tables du monde; les tapas et typicités espagnoles se reconnaissent entre mille… Comment faire entrer la Suisse dans cette liste (non exhaustive) de pays reconnus pour leur art culinaire et lui donner un réel positionnement au niveau mondial?

La raclette, seule spécialité suisse? Non!

L’EXEMPLE NORDIQUE. Pour dénicher un élément de réponse, départ pour les pays scandinaves. Depuis une trentaine d’années, Norvège, Suède, Danemark et Islande trustent les podiums du Bocuse d’Or (voir encadré), et le phénomène n’est pas près de s’arrêter. En dix-sept éditions depuis 1987, on retrouve huit premières places, deux triplés (2011, 2019) et huit doublés pour un total de vingt-huit médailles (52% du total). Comment des pays à première vue vides de toute culture gastronomique ont-ils pu arriver aussi haut dans la hiérarchie mondiale? «La réponse tient en deux mots, assène Jean-Patrick Blin: volonté politique. Si les pays nordiques ont pu aller aussi loin, c’est parce qu’ils ont pris la décision de dynamiser leur tourisme en passant par la gastronomie, véritable vitrine mondiale. Le Bocuse d’Or fut la voie toute tracée.»

ÉVIDEMMENT, cette décision a impliqué de gros investissements de la part des gouvernements (Selon le président de l’équipe nationale danoise, en 2019, le Danemark a un budget de 500’000 euros cette année-là. D’ailleurs, plusieurs fois, certains pays ont dû déclarer forfait faute de moyens). Soutien financier aux candidats du concours, réorganisations et mise à disposition de structures spécifiques, création d’écoles de classe mondiale, renflouement du budget alloué à la gastronomie, soutien médiatique de toutes parts… Un cercle vertueux s’est mis en place, pour arriver aujourd’hui à un niveau culinaire peu comparable à tous niveaux, très poussé sur la modernité et l’innovation, moyens financiers obligent. On parle d’ailleurs facilement de «style scandinave» pour une cuisine moderne et épurée, aux saveurs nouvelles.

En 2021, c’est le Français Davy Tissot qui a remporté le Bocuse d’Or, une exception… devant le Danemark et la Norvège.

René Redzepi, chef de du mythique Noma à Copenhague (3 étoiles Michelin), plusieurs fois nommé meilleur restaurant du monde par le World’s 50 Best, et emblème de la gastronomie scandinave.

LA CAMPAGNE HELVÉTIQUE. Rien de tout cela en Suisse, où la seule présence sur un podium du Bocuse d’Or remonte à 2007 avec Franck Giovannini. L’actuel chef de l’Hôtel de Ville de Crissier était alors arrivé troisième derrière… le Danois Rasmus Kofoed – seule personne à avoir terminé premier, deuxième et troisième du concours lors d’éditions différentes – et le Français Fabrice Desvignes, «Meilleur Ouvrier de France». Sans surprise, le médaillé suisse a été formé à Crissier où il travaillait déjà à l’époque.

«ATTENTION, prévient Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme. Notre patrimoine culinaire comprend évidemment ces restaurants gastronomiques, mais ne passons pas à côté de toutes les autres formes de cuisine! Il y a tant de traditions régionales, d’artisans d’exception et de petits bistrots de qualité qu’il serait inadmissible de les ôter de cette réflexion globale.» C’est d’ailleurs ce sur quoi a misé Suisse Tourisme cet été, avec sa campagne «Rendez-vous – La table des retrouvailles». La plateforme a regroupé durant l’année plus de huitante restaurants divers et variés à travers le pays, proposant chacun une table et un menu spécial. S’il est trop tôt pour faire un bilan des retombées de cette initiative, l’organisme national précisait en automne qu’elle était très bien accueillie par les restaurateurs participants ainsi que par le public, au «Rendez-vous».

Le Tessin, région méconnue pour sa gastronomie, mais pourtant culinairement très riche!

L’EXEMPLE PARFAIT DE CETTE DIVERSITÉ gastronomique promue par Suisse Tourisme se reconnaît en la personne de Philippe Chevrier, patron du Domaine de Châteauvieux (19/20 au GaultMillau et 2 étoiles Michelin). «Je suis toujours partant pour les bonnes idées, sourit-il. C’était naturel de proposer une de mes tables pour cette opération qui se veut populaire et accessible à tout le monde.» Eh oui, parce que le chef de Satigny a aussi ouvert, entre autres, un restaurant de burgers, un grill-house et un restaurant axé sur les œufs et la volaille. D’ailleurs, le chef a aménagé cet été sa «Table dans le jardin des herbes», dans le jardin du Domaine de Châteauvieux.

CAR LE POINT FORT DE CET EXERCICE, c’est l’expérience qu’ont vécu les convives. Par ce projet estival, l’Office fédéral du tourisme tient en effet à montrer à un large public que manger est une expérience en soi et qu’il vaut la peine de découvrir des restaurants, ne serait-ce que pour se sortir du quotidien. «Découvrir cela va augmenter la demande puis, par enchaînement, l’offre, continue Véronique Kanel, confiante. J’espère qu’une certaine émulation en naîtra, ce qui augmentera le niveau qualitatif un peu partout.»

Lorsque Philippe Chevrier va derrière les fourneaux…

… ça donne des cuisines différentes! (g: Châteauvieux (19/20), d: Monsieur Bouillon)

ÇA BOUGE EN SUISSE! S’intéresser de plus près aux coutumes culinaires des différentes régions suisses ou aux produits typiques d’ici est une première étape très importante pour faire connaître son patrimoine gastronomique. Jean-Patrick Blin revient à l’exemple nordique: «En plus de la haute scène culinaire mondiale, les Scandinaves se sont réappropriés les produits typiques de chez eux: cabillaud skrei, morue séchée et salée, lieu noir… À travers notamment des campagnes marketing, bien sûr, mais leur approche était parfaite. Si les Suisses parvenaient à faire de même avec les fromages, viandes séchées et autres produits alpins, il serait possible de les rendre encore plus sexys et attirants aux yeux du monde.»

HEUREUSEMENT, les acteurs du monde culinaire suisse travaillent dessus depuis un moment déjà, même à défaut de grandes aides financières. «Ce n’est pas pour autant que notre pays laisse tomber ce pan de la société, rappelle Josef Zisyadis. Plusieurs projets et évènements ont été mis sur pied ces dernières années pour construire notre positionnement sur la scène mondiale, et ils touchent vraiment tout le monde.» Sous l’égide de la Fondation pour la Promotion du Goût, on pense à la populaire Semaine du Goût, au professionnel Mérite culinaire suisse, au nouveau Swiss Wine Tour en cours de mise en place, et aux touristiques Grands Sites du Goût, qui viennent d’être présentés au public, la semaine passée.

La première “fournée” des Mérites culinaires suisses, en 2020. (de g. à d.: Ale Mordasini (15/20), Bernadette Lisibach (16/20), Frédy Girardet (Cuisinier du siècle, ex-19,5/20), Stéphane Décotterd (18/20), Mathieu Bruno (16/20))

PARMI CES DERNIERS, on nommera, entre autres, le Val Poschiavo pour son agriculture entièrement bio dans toute la vallée, le Lavaux pour son vignoble mondialement connu et le Val-de-Travers pour son absinthe. Ces sites, dont plusieurs sont classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, sont de «véritables vitrines ouvertes sur notre pays, selon le président de la Fondation pour la Promotion du Goût. Ils attirent les touristes, qui découvrent ensuite le reste de notre gastronomie. Mais ils ne sont malheureusement pas encore mis assez en valeur…»

PUIS, UN PRIX NATIONAL s’est créé en 2020 avec l’appui du Conseil fédéral: le Mérite culinaire suisse, alternative suisse au concours du Meilleur Ouvrier de France. «C’est un super projet, s’enthousiasme Josef Zisyadis. Une récompense nationale, en plus d’être une fierté pour les méritants, est un gage de qualité pour tout le monde. Cela veut dire que la gastronomie tient une place importante dans la société et qu’elle mérite ces honneurs.»

QUANT À LA SEMAINE DU GOÛT, instaurée dès 2014 dans le calendrier national gourmand, elle touche de plus en plus de monde. En 2020, plus d’un demi-million de personnes ont pris part aux centaines d’évènements répartis dans tout le pays. «Les gens redécouvrent leur terroir tous ensemble et de manière ludique, explique Philippe Chevrier, parrain de l’édition 2021. C’est avec ce type de démarches, intéressantes et bien amenées, que l’on pourra aller encore plus loin dans l’apprentissage du bon goût et de la bonne cuisine.»

Lavaux: un des neuf actuels “Grands Sites du Goût”.

DERNIER PROJET EN DATE, le Swiss Wine Tour, verra le jour concrètement au printemps 2022. Lorsqu’elle sera accessible au grand public, la plateforme de promotion permettra de découvrir les offres œnotouristiques réparties dans tout le pays: balades viticoles, dégustations, évènements spéciaux… Et ensuite, bien sûr, de «faciliter l’acte d’achat» par une interface et des moyens modernes. «La Suisse est un tout petit pays vinicole et tout de même en retard dans l’œnotourisme, estime Véronique Kanel. Mais il ne faut pas oublier cette partie de notre gastronomie.»

LA GRAINE GERME… POUR QUELS FRUITS? Scènes régionales, populaires, professionnelles, touristiques: la Suisse du goût se développe donc bien, mais encore trop calmement. Tous ces projets sont évidemment appelés à fleurir, et les fruits qui en germeront ne pourront qu’être positifs pour la branche et le pays. Jean-Patrick Blin rappelle que les trois éléments essentiels à une meilleure visibilité de la gastronomie restent l’impulsion au sommet de l’État, un financement couplé à des moyens de communications importants, et une fédération de la branche impliquée. En prenant en compte les projets précités, ne manquerait-il plus que des moyens financiers importants et une communication soignée autour du sujet? «Oui, et c’est en route. Mais il faudra un petit moment pour voir les résultats. Et pour que cela fonctionne jusqu’au bout, le peuple doit aussi jouer son rôle», rappelle tout de même Josef Zisyadis.

Dernier exemple de haute gastronomie helvétique: la finale de la sélection suisse du Bocuse d’Or, lundi 15 novembre 2021.

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EN DÉTAIL:

LE BOCUSE D’OR ET LES SCANDINAVES. Au crépuscule du dernier millénaire, Paul Bocuse, estimé «cuisinier du siècle» en 2011 et véritable emblème de la gastronomie, crée en 1987 à Lyon un concours pour «sortir les cuisiniers de leurs cuisines» et mettre en avant les arts de la table dans leur ensemble. Au fil des ans, le Bocuse d’Or (c’est son nom) devient LE rendez-vous mondial des professionnels et des gastronomes en tous genres.

TOUS LES DEUX ANS, une cuisinière ou cuisinier de chacun des 24 pays participants (qualifiés après des finales continentales) s’affrontent durant cinq heure trente-cinq autour de plusieurs thèmes (cette année: un plateau chaud et un menu entier en take-away) devant une estrade de public et de journalistes. Ils sont aidés d’un commis et le jury est composé des coachs de chacun des pays qualifiés.

LES SCANDINAVES (Norvège, Suède, Danemark, Islande) au Bocuse d’Or:

  • Premier podium en 1991 (Norvège 2ème)
  • 8 premières places
  • 2 triplés (2011, 2019)
  • 8 doublés
  • 28 médailles, soit 52% du total ou 62% depuis leur première médaille

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SEMAINE DU GOÛT

Une dizaine de jours lors desquels des centaines d’évènements sont proposés à la population par les acteurs du monde culinaire suisse. Marchés à la ferme, actions dans les restaurants gastronomiques, appels aux jeunes, cours de cuisine…

MÉRITE CULINAIRE SUISSE

Chaque année depuis 2020, le Conseil fédéral remet ce prix à une poignée de cuisinières et cuisiniers ayant accompli une carrière ou des actes particulièrement forts dans leur domaine. Le jury est composé de quelques-uns de leurs pairs ainsi que de journalistes.

GRANDS SITES DU GOÛT

Lavaux, Ajoie, Valais… Neuf sites régionaux (une vingtaine à l’horizon 2023) comportant une tradition ou une spécialité culinaire reconnues sont classés dans cette liste, amenée à les mettre encore plus en valeur. Ce sont de «véritables vitrines ouvertes sur la Suisse», selon Josef Zisyadis.

SWISS WINE TOUR

Tout nouveau projet, le Swiss Wine Tour est une campagne communicative sur le monde viti-vinicole helvétique. Regroupant un maximum d’offres œnotouristiques dans le pays, la plateforme sera disponible dès le printemps 2022.

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Grands Sites du Goût: un pari en neuf points

Grands Sites du Goût: un pari en neuf points

Article rédigé par Siméon Calame, publié le 16 novembre 2021 sur Gault&Millau Channel. Aller vers l’article original.
Un ambitieux projet souhaite replacer les spécialités suisses au cœur du tourisme. Enquête et découvertes.

OBJECTIF AMBITIEUX. «Pas une seule fois les mots «gastronomie» ou «arts de la table» ne sont mentionnés dans le dernier rapport fédéral sur l’avenir du tourisme helvétique!» Josef Zisyadis est légèrement remonté contre l’inaction des autorités quant à l’avenir et au rôle du domaine de l’hôtellerie-restauration. Qu’à cela ne tienne! Pour inverser la vapeur, l’énergique directeur de la Fondation pour la promotion du goût a lancé les «Grands Sites du Goût». Késako? Une liste de lieux particulièrement reconnus pour leurs spécialités culinaires, dont l’objectif est de redonner un véritable élan à la gastronomie suisse. Plus qu’un simple recueil de sites gourmands, le projet présenté la semaine passée est une véritable vitrine à ciel ouvert sur la Suisse.

NEUF LIEUX LÉGENDAIRES ET GOURMANDS. Aujourd’hui au nombre de neuf, les «Grands Sites du Goût» sont appelés à être doublés à l’horizon 2023. On retrouve notamment le Valposchiavo (agriculture 100% bio, fromages, pâtes…), l’Ajoie (damassine, saucisse), le Lavaux (chasselas, vignes) ou encore l’Entremont (raclette). Alors, est-ce un énième coup marketing? Evidemment oui, «mais surtout, un projet rassembleur dans tout le pays, selon Josef Zisyadis. Couplé aux autres déjà en place comme la Semaine du Goût ou le Mérite culinaire, il aide à valoriser la gastronomie suisse.» Pour comprendre un peu plus la difficile tâche qui attend les protagonistes de ces projets, lisez notre enquête sur l’avenir du tourisme culinaire helvétique.

>> www.sites-du-gout.ch

 

Mettre en avant la Suisse gourmande par le biais des produits de ses terroirs

Mettre en avant la Suisse gourmande par le biais des produits de ses terroirs

Article rédigé par Ludovic Pillonel, publié le 14 mai 2021 dans Agri Hebdo. Aller vers l’article original.

Lancé en octobre 2018, le projet «Les grands sites du goût» vise à placer la Suisse sur la carte des destinations gourmandes. Le monde agricole est l’un des acteurs clés de la démarche. 

La Suisse, ses banques, ses montres, son chocolat et… son chasselas du Lavaux, ses truffes de la région de Grandson, son absinthe du Val-de-Travers. C’est avec ce genre de références que les porteurs du projet «Les grands sites du goût» souhaitent alimenter l’image véhiculée par notre pays. «La Suisse possède des traditions culinaires séculaires et des produits authentiques méconnus. Presque personne ne sait par exemple que le sbrinz est l’ancêtre du parmesan», déclare Josef Zisyadis.

Epicurien dans l’âme, cet ancien homme politique co-fondateur de la Semaine du goût, rêvait depuis de nombreuses années à la création d’un réseau pour inscrire la Suisse sur la carte des destinations gastronomiques. L’obtention d’une aide financière d’environ 300 000 francs sur trois ans via le fonds Innotour ainsi que le partenariat réalisé avec l’Office du tourisme du canton de Vaud et GastroVaud ont donné l’élan nécessaire.

A ce jour, neuf sites du goût, dont sept en Suisse romande, ont rejoint la démarche dont l’existence à moyen terme semble assurée grâce à l’appui récent d’un nouveau sponsor alors que le soutien fédéral porte sur la période allant d’octobre 2018 à septembre 2021.

La plupart de ces régions ont défini un ou plusieurs produits emblématiques susceptibles de séduire les touristes en quête de saveurs locales. Il s’agit de l’Ajoie et sa damassine, de Bellelay (JB) et sa Tête de Moine AOP, du Val-de-Travers (NE) et son absinthe, de la région de Grandson et ses truffes, du Lavaux et son chasselas, du Chablais et son sel des Alpes, du Grand Entremont et sa Raclette du Valais AOP. Le Tessin complète la liste actuelle des grands sites du goût avec son merlot, au même titre que le Val Poschiavo (GR), à travers sa démarche «100% Val Poschiavo», qui consiste à focaliser son offre sur les produits de son terroir.

Dix autres destinations gourmandes, dont le Gros-de-Vaud, pour son blé et son pain, Genève et ses saveurs ville-campagne, la vallée du Rhône par le biais de ses cépages sur les murs en pierres sèches ainsi que les Préalpes fribourgeoises et leur fondue, pourraient contribuer à atteindre l’objectif de 20 grands sites du goût fixé pour 2022.

Des comités locaux

Dans chaque coin de pays impliqué, un comité réunissant les différents acteurs concernés sera chargé de promouvoir le patrimoine oenogastronomique local, via l’organisation d’événements comme des balades gourmandes, des dégustations, des repas à thème, des conférences, des ateliers ou autres. Il pourra, pour ce faire, solliciter les conseils de l’équipe opérationnelle du réseau, elle-même appuyée par un comité d’experts. «La plupart des sites ne nous ont pas attendu pour développer leur  offre. L’objectif sera bien sûr aussi de mettre en avant ce qui existe déjà», précise Josef Zisyadis.

Un séminaire annuel, des visites et des formations thématiques sont autant de leviers envisagés pour fédérer et stimuler toutes ces régions partageant les mêmes préoccupations et la même approche touristique. 

Un site internet a été créé dans le but de centraliser la communication. Des événements médiatiques seront mis sur pied chez les producteurs, les vignerons et les restaurateurs, et la promotion du concept de «Suisse gourmande» sera assurée en collaboration avec Suisse Tourisme.

Séjours sur mesure

En partenariat avec «Slow Food Travel», des séjours touristiques vont être développés spécifiquement pour les grands sites du goût. Ces offres comprendront des possibilités d’hébergement (hôtel, chambres d’hôte, gîtes ruraux, etc), des lieux faisant la part belle à la gastronomie de la région (restaurants, auberges, châlets d’alpage, tables d’hôtes) et des activités en lien avec les acteurs locaux (agriculteurs, vignerons, accompagnateurs en montagne) autour de la production alimentaire, des traditions gastronomiques et du patrimoine. 

Dans la continuité du soutien fédéral via le fonds Innotour, chaque site partenaire sera tenu de verser annuellement une cotisation de 5000 francs au réseau national. Il pourra financer tout ou partie de cette somme grâce à la vente de couteaux Helvetix, élaborés en partenariat avec la société jurassienne Swiza pour servir d’ambassadeurs au projet.

«La phase de mise en réseau des grands sites du goût touche bientôt à sa fin. La prochaine étape consistera à développer cette marque. Nous avons été retardés à cause du  Covid», explique Jean-Marc Imhof, coordinateur pour la Suisse romande.

Une fondation pour quatre projets

Les grands sites du goût font partie des projets de la Fondation pour la promotion du goût, dont Josef Zisyadis est le directeur. Basée à Lausanne, cette organisation d’utilité publique, sans but lucratif, a pour objectif «la promotion, la mise en valeur, la défense de produits de qualité et de bon goût, respectueux des traditions culinaires et œnologiques de leur région de production». Elle vise aussi à sensibiliser les jeunes générations à la nécessité de préserver ce riche patrimoine culinaire.

Née il y a plus de deux décennies, la Semaine suisse du goût est une initiative bien établie. «Ce rendez-vous ponctuel se décline en 3000 événements. Un réseau composé d’une septantaine d’organisations y est associé», relève son co-fondateur Josef Zisyadis.

Le Mérite culinaire de Suisse a quant à lui connu sa première édition l’année dernière. Cette distinction a vu le jour afin de mettre en valeur la gastronomie helvétique, représentée par de nombreux établissements de qualité. «La Suisse est le pays qui compte le plus de tables étoilées au kilomètre carré», souligne Josef Zisyadis.

Baptisé «Swiss Wine Tour», le dernier projet piloté par la Fondation pour la promotion du goût a été officiellement lancé le mois dernier. Sa mission? Rassembler, à travers une plateforme, une sélection d’offres oenotouristiques. Si aujourd’hui, le «Swiss Wine Tour» réunit Genève, le Valais, le Tessin, Vaud, Neuchâtel et Berne (région de Bienne-Seeland), l’intégration de davantage de régions alémaniques est souhaitée afin de couvrir l’entier du territoire suisse.

Des fonds à hauteur de 1,7 million de francs ont été levés pour réaliser ce projet sur une durée de trois ans.